Lobby Francophone réunion du 2 avril 2014

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Eli LAIK

Réunion de travail du Lobby parlementaire pour les francophones d’Israël concernant l’intégration des nouveaux immigrants dans le monde de l’emploi israélien.

Dans le cadre de son action parlementaire, le lobby de la Knesset pour les francophones d’Israël a tenu une réunion de travail concernant l’intégration des nouveaux immigrants dans le monde de l’emploi israélien.

Cette réunion s’est déroulée à la Knesset le Mercredi 02.04.14 en présence de responsables et de représentants d’associations et d’organismes francophones en Israël. De plus, Patricia Hababou et Véra Ophir du Ministère de la Alyah et de l’Intégration ont participé à cette rencontre afin de présenter les différentes possibilités et aides que propose le ministère dans le domaine de l’emploi et répondre aux questions des personnes présentes.

Le Député Yoni Chetboun, qui dirige le lobby parlementaire pour les francophones d’Israël a remercié les participants et a affirmé que l’une des erreurs qu’ont fait les politiciens par le passé concernant les nouveaux immigrants de France est le manque de communication avec le terrain : «C’est pourquoi dans le cadre du lobby francophone nous tentons d’écouter les Olims afin de promouvoir des lois et initiatives qui soient adaptées à leurs besoins réels ».

De plus, le député Chetboun a déclaré : « Je voudrais soulever un point important concernant le fameux plan du gouvernement pour la Alyah de France. J’entends de nombreuses personnes se plaindre : ‘ce n’est pas ce que l’on attendait, il y a peu de budget’ etc…. Je vous assure que si dans un premier temps, alors que c’est la première fois que l’État d’Israël met en place un projet concret pour la Alyah de France, nous leur répondons : ‘Ce n’est pas ce que nous voulions’ etc … Ils risquent de faire marche arrière. Par contre, si nous affirmons que nous comprenons les difficultés et les contraintes existantes et nous renforçons le gouvernement dans son initiative, je suis convaincu que les budgets suivront ».

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Véra Ophir, responsable des reconnaissances des professions réglementées au Ministère de la Alyah et de l’Intégration a présenté les différentes possibilités existantes pour les nouveaux immigrants dans le domaine de l’emploi : Oulpanim professionnels de 150 heures, 18 centres d’orientation et conseil à l’emploi, des séminaires de recherche, des formations professionnelles privées subventionnées (jusqu’à 70% du prix de la formation) et autres. De plus, Mme Ophir a expliqué qu’il existe des Oulpanims professionnels pour les professions réglementées. Par exemple : Les médecins, les dentistes (cours de préparation à l’examen d’équivalence), les pharmaciens, les infirmiers, les avocats (cours de préparation à l’examen d’équivalence), les comptables etc… Cette dernière a précisé qu’une partie seulement de ces examens ne sont pas traduits en français.

Patricia Hababo, qui s’occupe de la Alyah de France au sein du Ministère de la Alyah et de l’Intégration a présenté les initiatives en cours entre autres la création d’un département spécifique aux jeunes Olims chargé de répondre aux besoins des étudiants francophones mais également du suivi des jeunes n’ayant pas de bagage académique.

De plus, des explications ont été données concernant la proposition de loi du Député Shimon Ohayon sur la reconnaissance des diplômes des professions paramédicales telles que les orthophonistes, audiologues, kinésithérapeutes et podologues.

Dans le cadre de cette réunion, de nombreux intervenants ont pris la parole dont Alain Zeitoun de l’association AAEGE (Association des anciens élèves des grandes écoles et universités en Israël), les docteurs Morali et Korchia du Médif (l’association des médecins francophones), Daniel Hefetz de l’association AMI et Benjamin Korkos, responsable d’Optical Center à Jérusalem.

Conclusions majeures
Aides aux entreprises qui emploient des nouveaux immigrants
L’une des propositions relevées lors de cette réunion concerne les aides aux entreprises qui emploient des nouveaux immigrants afin que ces derniers puissent d’une part s’intégrer dans le monde du travail et d’autre part apprendre l’hébreu dans un cadre professionnel. Cette aide peut se traduire soit par une participation de l’État au salaire de l’employé soit par des aides et réductions des taxes ou impôts. Véra Ophir du ministère de l’intégration a précisé que ce genre de mesures existait mais selon certains critères et zones géographiques (principalement au sud et au nord du pays). Nous conseillons donc de développer considérablement cette initiative aussi bien concernant les zones géographiques que les domaines d’activité.

Oulpanim professionnels pour les employés francophones des Call-centers.
Lorsque l’employeur est d’accord et les conditions sur place le permettre, le Ministère de la Alyah et de l’intégration réalise des Oulpanim professionnels dans plusieurs entreprises d’Israël qui emploient un grand nombre de nouveaux immigrants (à partir de 15 personnes). Afin d’encourager les nouveaux immigrants à approfondir leur Hébreu, il faudrait considérer de réaliser ce genre d’oulpanim dans les Call-centers. Ne travaillant principalement qu’avec la France, les employés francophones ont des difficultés à acquérir des notions d’Hébreu et pour beaucoup, la langue représente un obstacle réel à leur intégration sur le marché du travail israélien. C’est pourquoi cette initiative d’oulpan peut-être efficace.

Traduction de certificats/licences/doctorats auprès du ministère de l’éducation
Afin de reconnaitre les diplômes/certificats français, le ministère de l’éducation demande une traduction notariée pour tous les documents requis. Pour de nombreux Olims, il s’agit de dizaines de pages pour des licences, Masters ou bien doctorats et cela représente des milliers de Shekel dépensés. L’une des suggestions relevée concerne la nomination d’un délégué francophone du Ministère de l’éducation chargé de vérifier ces documents. Cette initiative aiderait énormément les nouveaux immigrants dans leurs procédures et leur économiserait des milliers de Shekel.

Networking
Afin d’aider les nouveaux immigrants dans leurs procédures de recherche d’emploi, il faudrait faire passer dès l’inscription à l’Agence Juive en France leurs C.V aux entreprises israéliennes exerçant dans leurs domaines. De plus, il faut mettre en place un réseau professionnel composé d’anciens Olims, de chefs d’entreprises etc. afin de faire le lien entre les nouveaux immigrants et le marché du travail israélien.

Formation professionnelle avec rémunération
Dans le cadre l’aide accordée aux nouveaux immigrants, le ministère de la Alyah et de l’intégration propose de rembourser jusqu’à 70% du montant d’une formation professionnelle. Cette situation entraine de nombreux problèmes : la personne intéressée doit avancer la somme qui s’élève pour la plupart des cas à des milliers de Shekel. De plus, de nombreux Olims ne peuvent pas se permettre d’arrêter leur travail durant le temps d’étude. Il faudrait vérifier une possibilité de rémunération durant la période de la formation professionnelle pour les olims pères ou mères de famille.

Apprentissage de l’Hébreu en France
La langue étant le principal obstacle à l’intégration au marché du travail israélien, il est important de commencer l’apprentissage en France. L’une des suggestions principales de cette réunion est la mise en place d’oulpanim subventionnés en France.

Examens de certification et de qualification pour les professions réglementées
Afin d’aider à l’intégration des personnes travaillant dans les domaines «réglementés» (par exemple les dentistes), il faudrait proposer la possibilité de passer l’examen d’équivalence en France et en français. De plus, afin d’encourager les futurs Olims, il est important de reconnaitre l’examen passé même si la personne ne fait pas son Alyah dans les deux années qui suivent l’examen.
Les médecins généralistes
Il faut envisager des facilités pour les médecins de famille ayant exercé durant plus de 1O ans (par exemple : exiger un oulpan professionnel ainsi qu’un stage mais sans examen d’équivalence).
Permettre aux étudiants en médecine de faire leur stage en Israël après 6 ans d’études
A l’inverse du cursus israélien, les étudiants français ne reçoivent pas de diplôme de médecin en fin de 6eme année, et ceci les empêche de se présenter à l’examen de résidanat israélien (le « Stage »). Cette délivrance du diplôme de médecin se fait encore en France après la thèse et quasi simultanément à la licence d’exercer. Afin d’encourager les étudiants en médecine à faire leur Alyah, il faudrait trouver une solution leur permettant de faire leur stage en Israël malgré les différences de cursus universitaires.

Les opticiens
Il y a aujourd’hui en France 5000 opticiens de confession juive. Dans ce domaine, il existe 3 diplômes en France (qui ne sont pas reconnu en Israël) :

  • Le BTS optique certificat professionnel (non académique). Des efforts ont été faits auprès du ministère de l’Économie afin d’obtenir une reconnaissance. Une réponse officielle doit être délivrée prochainement.
  • Le diplôme académique licence d’optique professionnelle et master en science de la vision. Dans ce cas aussi, une demande a été faite par Optical Center auprès du ministère de la santé.

Dans le cas où les équivalences ne seraient pas obtenues, il faudrait promouvoir au moins une reconnaissance des matières étudiées afin de raccourcir le parcours des candidats olim hadashim. De plus, il faut également travailler sur des aides spécifiques (exemptions de certains examens, rallonger le temps d’examens, possibilité de passer l’examen en français etc..).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eli LAIK pour http://les-francophones-d-israel.com/

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