19ème Knesset, pour combien de temps

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Eli LAIK

Les résultats de l’élection de la 19ème Knesset sont tombés d’après le décompte de 99,5% des votes, ceux des militaires n’étant pas terminés, vient alors le moment de créer la coalition afin de mettre en place le futur gouvernement.

Qui sont les gagnants de cette élection? Qui sont les perdants? comment se sont effectués les transferts? Les voici classés selon leur progression ou leur perte engendrée.

Le premier parti gagnant de cette nouvelle Knesset est incontestablement Yesh ATID parti sioniste de centre gauche créé par Yaïr LAPID, qui truste 19 sièges issus pour 14 d’entre eux de l’ancien KADIMA et 4 du Likud.

Voici le programme de Yesh ATID:

1) Enrôlement obligatoire des jeunes orthodoxes au sein de l’armée ou des encadrements de service civil.

2) L’État d’Israël est l’État de la Nation Juive.

3) Afin de pérenniser son existence seules des frontières sures, et l’assurance d’une majorité juive sont envisageables.

4) Israël doit tout faire pour reprendre le processus de paix.

5) L’accord de paix précisera que les blocs d’implantation feront parti d’Israël.

6) L’Éducation est la base réelle d’une société juste.

7) Construction: 150.000 logements au cours des 10 prochaines années sur des terrains appartenant à l’État. Ce qui entrainera une baisse du prix des locations pour les jeunes.

8) Réforme du système de santé (déficit du personnel hospitalier et médical).

Le second parti gagnant est Habaït Hayéhoudi  parti sioniste de droite créé par Naphtali BENET, il récupère 11 Sièges, 7 issus de l’alliance Likud-Israël Beïténou et 4 sur l’Union Nationale qui disparaît de la Knesset.

Voici le programme de Habaït Hayéhudi:

1) Refus catégorique d’un État Palestinien.

2) Annexion de la Zone C où sont situées les implantations avec naturalisation des 50.000 arabes vivant dans le secteur.

3) Dénonciation des monopoles et des gros syndicats qui paralysent le pays en empêchant toute réforme.

4) Le budget de la défense peut et doit être réduit.

5) Dès la sortie du service militaire ou civil, chaque jeune doit se voir offrir un terrain constructible dans les régions de développement.

6) Agir pour l’intégration d’urgence du monde orthodoxe dans le marché du travail.

7) L’enrôlement des étudiants des Yéshivot orthodoxes doit se faire en adaptant des structures adaptées au sein de Tsahal.

8) Renforcement de l’identité juive et sioniste au sein du système scolaire.

Le troisième parti gagnant est le parti Meretz de Zéhava Galon 6 sièges qui gagne trois sièges.

Voici son programme social démocrate.

1) Défense des droits de l’homme et du citoyen. (Leurs droits seraient-ils bafoués)?

2) Opposition formelle à la poursuite de « l’occupation » en Judée, et en Samarie. Privilège de la modération diplomatique.

3) Séparation entre la religion et l’État.

4) Loi fondamentale de liberté de religion permettant à chacun de vivre selon ses coutumes, ses philosophies ou croyances. (Mais c’est déjà en application depuis la création de l’État, même les homosexuels sont libres de vivre comme ils l’entendent).

5) Création d’un État « Palestinien » sur les lignes de démarcation de 1967, échange de territoires au prorata, division de Jérusalem qui serait la capitale de deux États, et résolution du problème des réfugiés à l’intérieur du nouvel État. (Tout ceci a déjà été proposé, et refusé par les arabes qui ne veulent absolument aucune paix).

Le quatrième parti gagnant ex æquo est le Parti Travailliste de Shelly Yé’himovitz 15 sièges qui en gagne 2 issus de l’ancienne Kadima.

Voici le programme du Parti Travailliste social démocrate:

1) Mise en place d’un système de mariages, de divorces, d’enterrements civils, seul leur aspect religieux est pris en compte à ce jour.

2)Dossier de la paix basé sur les paramètre évoqués par Bill Clinton en 2000 2 États vivant en paix côte à côte. (Déjà proposé aux arabes qui refusent toutes nos propositions).

3)Restauration et renforcement de l’école publique face à l’école privée.

4) Les frais scolaires depuis l’âge de 3 mois doivent être réduits et progressivement pris en charge par l’État.

5) L’État doit mettre en place un filet de sécurité sociale pour tous les habitants du pays.

6) Mettre un terme à la privatisation afin de réduire le chômage et faire baisser le coût de la vie.

7) Modifier l’impôsition (sans précisions).

8) Les Étudiants des Yéshivot devront intégrer le service militaire ou civil, en seraient exemptés les sujets les plus brillants.

La quatrième parti gagnant ex æquo est le parti Yahadout Hatorah parti religieux orthodoxe ashkenaze du Rav Yaacov Litzman 7 sièges qui en gagne 2. Voici son programme:

1) Résoudre les problèmes du pays dans l’esprit de la Torah et de la tradition.

2) Unir le peuple d’Israël sous la bannière de la Torah.

3) La terre d’Israël appartient au peuple d’Israël de par la volonté divine, cependant un accord de paix véritable ne pourra être conclu qu’avec l’assentiment des décisionnaires de la génération.

4) L’éducation de tous les enfants juifs en Israël est basée sur la foi en D.ieu et sa Torah.

5) Soutien aux familles nombreuses, aux femmes au foyer, et à celles qui travaillent afin que leur mari puisse étudier la Torah.

6) Aide au logement au sein du public orthodoxe.

7) l’État doit se désengager et le secteur privé doit être développé.

8) Extension des services sociaux et augmentation de l’aide aux familles nombreuses.

9) Opposition au service militaire pour tous.

Le sixième parti gagnant est la liste Arabe Unifié-Ta al 5 sièges qui en gagne 1, les deux autres partis ‘Hadash juif et arabe 4 sièges inchangé, et Balad 3 sièges inchangé. Les trois partis passent donc de 11 à 12 sièges.

Voici le programme de Raam-Ta al et de Balad qui se définissent comme arabes israéliens:

1) Les arabes israéliens sont les « Palestiniens d’Israël ». (il faudra expliquer ceci à Abou MAZEN qui prétend que les 5 ou 6 millions de diaspora doivent être assimilés par Israël).

2) Exigence de reconnaissance de minorité nationale, afin d’obtenir des droits en tant que collectivité nationale et en tant qu’individus. (Pas de communautarisme, ils sont Israéliens et profitent de tous les avantages y afférant, ils n’en supportent pas les charges).

3) Défense du principe de coexistence judéo-arabe en Israël. (C’est ce que nous nous efforçons d’appliquer, les incivilités proviennent des arabes).

4) Respect des droits politiques de la minorité arabe. (N’ont-ils pas des Députés, quelle est cette demande)?

5) Arrêt de l’occupation et création d’un État à côté d’Israël. (revendiqué également par ‘Hadash, qui demande une augmentation de 40% des allocations familiales et l’établissement d’un salaire minimum à 60% du salaire moyen).

Ceux qui se maintiennent:

Le seul parti à se maintenir en dehors de ‘Hadash et Balad, est le Shass Parti religieux orthodoxe séfarade tête de liste Eli Ichaï, Arié Dérhy, Ariel Attias, qui stagne à 11 sièges. Ce parti se situe sioniste droite religieuse.

Voici son programme:

1) L’État d’Israël est celui du peuple juif et doit se reposer sur les valeurs de la démocratie telles qu’elles ont été fixées selon la Torah.

2) Le Shas se revendique sioniste avec l’aspiration au retour des exilés sur la terre d’Israël afin d’y construire un foyer juif grand et fort.

3) Israël aspire à vivre en paix et en sécurité, mais n’est pas prêt d’entériner un accord basé sur les diktats de l’étranger, qui menacerait l’avenir du peuple juif sur sa terre.

4) Jérusalem n’a pas à être négocié et doit rester indivisible.

5) L’éducation est une priorité nationale, le renforcement de l’instruction juive devant être élargi à toutes les franges de la population.

6) Partage équitable du capital et des ressources et égalité des chances entre les différentes franges du public.

7) Agir pour la réduction du nombre des travailleurs étrangers.

8) Investissement dans les infrastructures.

9) Pas de précision quand à l’enrôlement des élèves des Yéshivot (alors que le Rav Ovadia Yossef y est totalement opposé).

Les Perdants:

Les deux partis Hatnouah 6 sièges de Tzipi Livni qui a rompu avec son parti d’origine, et Kadima 2 sièges, sont les grands perdants de cette élection. Ils sont victimes de leur alignement inconditionnel sur les diktats de l’Étranger, et sont considérés pour cette raison comme les partis de l’Étranger.

Ils passent de 26 à 8 sièges en perdant 18 au profit de Yesh Atid qui se situe sur un registre sioniste qui est la base de l’État juif depuis sa création n’en déplaise aux « biens pensants ».

Lorsque leurs dirigeants auront réalisé l’inanité de leurs positions par rapport à la résolution du conflit, ils n’auront plus qu’à rallier soit le Likud dont ils sont issus soit Yesh Atid pour ceux de tendance plus centre gauche, car leurs autres idées sont représentées au sein de ces deux partis. A moins de fusionner, ils ne pourront pas réintégrer le bercail pour cette Knesset puisqu’on ne peut le faire faute de 6 Députés minimum.

La liste Likud Israël Beïtenou est également la perdante de ce scrutin car les électeurs n’ont pas compris cette fusion de liste pour cette élection uniquement, chacun conservant son parti. Si les listes n’avaient pas fusionné, le Likud avec 20 à 21 sièges même allié à Beïtenou 10 sièges n’aurait pas obtenu la direction du gouvernement devant la poussée de Yaïr LAPID.

Les Français se souviendront des pertes accusées par l’UMP, issu de la fusion du RPR, de l’UDF, et de la Démocratie Libérale afin de faire  pièce à l’arrivée au second tour des Présidentielles de 2002, de Jean Marie Le Pen. Il y a tout juste 10 ans, ça avait amené une rupture de l’aile gauche de l’UDF qui traine à se rallier encore aujourd’hui.

La liste perd 11 sièges passant ainsi de 42 à 31. (Cette liste commune se serait mieux comportée si le scrutin s’était déroulé à la majorité à deux tours).

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La gageure va être pour Benyamin NETANYAHOU plébicité par ce scrutin de mettre en place une coalition tenable à l’instar de celle des 4 ans passés. L’incompatibilité entre les différents programmes va compliquer sérieusement sa tâche en ne perdant pas de vue l’obligation de voter le budget 2013 qui avait été différé jusqu’ici et raison majeure de la dissolution de la 18ème Knesset, ainsi que la non reconduction de la loi TAL. (Le programme Likud-Beïtenou a déjà été présenté  Quel programme électoral pour la 19ème Knesset?

Sur un plan strictement économique, le vote du budget pourrait s’effectuer selon un coalition Likud-Israël Beïtenou 31 sièges, Habaït Hayéhoudi 11 sièges, Yesh Atid 19 sièges soit 61 sièges, cette majorité très faible l’empêchera de gouverner sans soucis, mais B. NETANYAHOU ne souhaitera certainement pas réitérer la coalition vue par Ariel SHARON. Le Shas pourrait voter un budget centriste avec des réserves, il ne pourrait en aucun cas accepter les positions sur la loi TAL ni d’Israël Beïtenou, ni d’Habaït Hayehoudi, ni de Yesh Atid. Yadahout Hatorah aura les mêmes réticences.

Sur le plan de la sécurité, Le Premier Ministre obtient un très large consensus avec tous les partis sionistes:

Likud-Beïtenou 31, Yesh Atid 19, Habaït Hayehudi 11, Shas 11, Yahadout Hatorah 7, nous sommes à 79 sièges, le parti de l’Étranger est renvoyé dans ses 22 mètres. Il va falloir gérer le dossier Iranien.

Les voix des partis religieux sont un poids important et font que cette composante a vocation à participer à la majorité la plus large, ils représentent pour les deux partis orthodoxes 15% des sièges.

Sur le plan personnel, le Premier Ministre n’a pas de grandes affinités avec N. BENNET, mais la raison d’État les amènera à composer.

Chaque Parti souhaitant intégrer la coalition devra faire des concessions importantes afin d’y accéder.

Pour tous ces points évoqués, la coalition tendra à résoudre la quadrature du cercle, c’est l’inconvénient majeur de ce mode de scrutin à la proportionnelle intégrale.

En raison de ces considérations, il est peu probable que la coalition puisse durer à l’aune de celle de la 18ème Knesset.

La loi électorale devrait être modifiée pour arriver à une meilleure conduite des affaires, et afin de permettre d’aborder sereinement les réformes majeures, voire résoudre des conflits.

La majorité des partis à l’exclusion des petits partis y est favorable toutefois l’approche est archaïque, puisque lorsqu’on aborde le sujet, la première remarque est il n’y a qu’à relever le seuil d’éligibilité de 2 à 4 voire 5% pour limiter les petits partis.

Ceux-ci doivent comprendre que pour cette élection de nombreux partis se sont retrouvés inéligibles, près de 250.000 voix sont parties à la poubelle, elles auraient eues tout leur poids dans un mode de scrutin différent. 

Notre culture française des Élections largement éprouvée nous amène à pencher pour le scrutin uninominal à 2 tours qui dégage une majorité franche, en permettant une plus grande proximité entre l’électeur et son Député. Une petite dose de proportionnelle permettant la participation de certains partis écartés par le système de la majorité intégrale.

Les olim de France sont prêts à amener leur pierre à l’édifice, ayant lors de ce scrutin été largement reconnus au niveau de la ville d’Ashdod par la très forte implication des militants du Likoud, très remarquée par les responsables du Parti, par le Maire, par les Ministres, et par le Premier Ministre voulant tous rencontrer, ce phénomène émergeant, « les Français d’Ashdod ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eli LAIK pour http://les-francophones-d-israel.com/

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