Alyah de France j’ai fait un rêve « I have a dream »

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Eli LAIK

J’ai fait un rêve, le ministre de l’intégration nouvellement nommé est une femme issue de l’Alyah française.

Cette personne mère de 5 enfants, profondément humaniste a pris en charge avec les talents d’organisatrice qui la caractérise tous les dossiers qui lui sont présentés.

Immédiatement elle s’est entourée de personnes unanimement reconnues pour leur savoir faire, avec un premier critère de sélection, maîtriser en plus de l’hébreu une ou plusieurs langues (lu, écrit, parlé) elle a mis en place des personnes ayant la connaissance de l’amharique,  de l’anglais, de l’espagnol, du français, du russe, afin d’accueillir dans leur langue les Olim ‘hadashim pour leur permettre une intégration réussie.

La Ministre a considéré que les nouveaux venus ne connaissant rien du pays, devaient comprendre dès leur arrivée les choses essentielles qui font le particularisme d’Israël, tous les sujets sont expliqués à chacun répartis en un tronc commun, qui aborde les questions relatives aux administrations,  puis en spécialités en fonction de groupes d’âges.

Les jeunes parents veulent tout connaître des ganim, écoles, lycées, collèges, et universités pour leurs enfants, ils ont tout à apprendre sur le monde du travail, et l’oulpan spécifique qui suivra l’oulpan de base.

Les séniors retraités sur un oulpan moins intensif leur permettant l’acquisition de l’hébreu parlé et non académique dans un délai raisonnable.

Chacun apprenant son nouveau pays l’intègrera d’autant plus vite et mieux que les règles de bases lui auront été fournies dans sa langue vernaculaire.

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Et puis, je me suis réveillé en sursaut, en pleine nuit, et la réalité est redevenue la règle. Je participe au Lobby francophone à la Knesset, mis en place à l’initiative de Yoni Chetboun, on y trouve tout ce que le monde francophone compte de personnes impliquées dans la vie publique, des journalistes, des politiques, des responsables d’associations, des représentants des Ychouvim, et même un Ambassadeur à la retraite.

Certains ont fait leur Alyah depuis 10, 20 voire 30 ans ou plus, d’autres sont arrivés plus récemment. Ils sont encadrés par les délégués de l’intégration de chaque ville importante d’Israël.

J’ai assisté à la première réunion de travail, et là stupeur, une responsable de l’intégration ne maîtrisant pas du tout le français s’est invitée, et par courtoisie pour elle, la réunion s’est déroulée en hébreu, les intervenants parlaient très vite, et une bonne partie de participants n’ont pas pu suivre, ils ont été obligés d’attendre le compte rendu de Dina Cohen qui nous l’a transmis très rapidement, je tenais l’en remercier.

La réunion du 18 mars 2014 à laquelle nous venons d’être conviés par la Ministre de l’intégration Sofa Landver, s’est déroulée totalement en hébreu, de nombreuses personnes ayant effectué le déplacement du Nord au Sud du pays se sont retrouvés « larguées » ils se sont demandés comment faire avancer le débat, ceux qui sont ici depuis des années ne sont pas au courant des problèmes actuels, ou ont une mémoire partielle des soucis qu’ils ont rencontrés. Les nouveaux arrivants ne maîtrisant pas l’hébreu n’ont pu s’exprimer.

Yoni Chetboun à la tribune

Yoni Chetboun à la tribune

J’aimerai évoquer ici le point soulevé par une nouvel arrivant. Son épouse et lui même se sont intégrés dans le monde du travail, ils ont une amplitude de 9 heures quotidienne afin d’obtenir un salaire décent. L’épouse a  été obligée d’abandonner son travail car à Naharya le gan a fermé ses portes. Lors de la réunion du février, il lui avait été répondu que le dossier serait remonté au Ministère. La question évoquée a nouveau le 18 mars a reçu la réponse suivante du Ministre: « nous ne sommes pas là pour faire du babysitting. » J’en suis resté stupéfait ainsi que le père de famille.

On peut se demander si Sofa Landver mesure bien la portée de sa réponse? Nous sommes le pays qui connait la plus forte natalité, veut-on que les femmes devienne carriériste comme en Allemagne et voir ce taux tomber à 1,2 enfants par femme?

Je veux citer ici le point de vue de Daniel Gal ancien Ambassadeur d’Israël au Canada.

Je me suis mis à lire mes emails, et voici un autre exemple de la réalité.

Un troisième cas m’a été signalé: Lors d’un salon de l’Alyah à Paris, les personnes déléguées sont des russophones ne parlant pas le Français, il ne viendrait pas à l’idée de la Ministre de mon rêve d’envoyer en Russie des délégués ne parlant que le Français. Serait-ce le fait que des primes de déplacement sont allouées et que seuls les russophones peuvent y prétendre?

Si on veut la réussite de ce programme, il faut que les mentalités et les modes d’action changent, nous ne pouvons nous contenter de bonnes paroles, il convient d’en tenir compte, et pour connaître les problèmes en direct, il faut que les Olim ‘hadashim puissent s’exprimer en Français au cours des réunions du Lobby Francophone, il faut donc prévoir des casques audios pour chacun et des traducteurs (trices) afin que chacun comprenne l’autre, sinon dans 10 ans, nous en serons au même point, et le temps nous est compté.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Eli LAIK pour http://les-francophones-d-israel.com

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